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L’Histoire au fil du temps

lundi 28 mai 2007

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FO, la CGT-FO, est la continuatrice de notre « vieille CGT ». Notre confédération a connu bien des déboires. Souvenons-nous. 1895, création de la Confédération Générale du Travail. Pour la première fois les salariés peuvent se retrouver, se rassembler, se battre dans une organisation syndicale ouvrière.

Les ouvriers étaient 3 151 000 dans l’industrie en 1876. Ils sont 4 726 000 en 1911.Il faut ajouter les ouvriers agricoles dont le nombre diminue, mais en 1906, il reste 2 688 819 personnes salariées dans la pêche, les forêts et l’agriculture. Quant aux domestiques, ils sont encore près d’un million en 1913. Mal payés (30 francs par mois en moyenne), mal logés et mal nourris.

Les salaires des ouvriers d’industrie sont très variés selon les corporations et selon les régions. Le salaire moyen calculé pour 34 professions masculines passe de 2,24F par jour en 1853 à 4,02F en 1896 et à 4,73F en 1911. Or ce salaire moyen est, en 1911, de 6 francs dans les Bouches du Rhône et de 5,17F dans le Nord. Pour les femmes, le même salaire passe à 2,23F en 1911, soit la moitié du salaire masculin.

Les prix alimentaires s’accroissent fortement de 1911 à 1914. Ils représentent 58% des dépenses dans les familles françaises. Quant au prix des loyers dans les villes, il augmente d’une façon générale en raison de la médiocrité de la construction.

La paupérisation relative est bien une réalité. La concentration des fortunes s’est renforcée. Si les pauvres ne sont pas plus pauvres, les riches sont beaucoup plus riches. Le rapport entre les biens des manœuvres et ceux des hommes d’affaires était en moyenne de 1 à 10 000 à Lille.

La semaine de travail est de 6 jours. La durée de la semaine de travail est donc de près de 60 heures. C’est seulement en 1906 que le dimanche devient un jour de repos obligatoire (loi du 13 juillet 1906).

Un système de retraites ouvrières a été établi pour les mineurs en 1894. La loi du 5 avril 1910 crée l’assurance vieillesse obligatoire pour tous les salariés de l’industrie. Ouvriers et employeurs versent une cotisation identique, ce qui donne une retraite annuelle de 240,82F à 511,11F à partir de 60 ans.

Les conditions de travail sont fréquemment épouvantables. Dans les mines, la catastrophe de Courrières en 1906, 1 100 morts, est présente dans toutes les mémoires, mais aussi dans les usines textiles, le bâtiment, les usines métallurgiques, les industries chimiques. En 1909, il y a 2 395 morts du fait des accidents du travail et 434 310 blessés.

La première Bourse du Travail a été inaugurée à Paris le 3 février 1887. Les Bourse du Travail s’occupaient du placement des ouvriers, de l’enseignement, du chômage et distribuaient des secours. Il en existait 14 en 1892. Elles se réunirent à Saint Etienne et décidèrent de se constituer en Fédération.

En 1895 Fernand Pelloutier devient secrétaire de la Fédération des Bourses du Travail. Après la mort de Pelloutier, en 1901, la Fédération nationale des Bourse du Travail décide d’adhérer à la CGT. Le Congrès de Montpellier de la CGT en 1902 réaffirme l’autonomie des syndicats : « Nul syndicat ne pourra faire partie de la CGT s’il n’est fédéré nationalement et adhérent à une Bourse du Travail ou à une union de syndicats locale, départementale ou régionale ».

Le 12 juillet 1909, Léon Jouhaux est élu Secrétaire général de la CGT. Il le restera jusqu’en 1948, c’est-à-dire jusqu’à la naissance de FORCE OUVRIERE. Dans le Nord, notre syndicat était bien implanté. A consulter nos archives, à l’Union Locale de Lille, nous avons retrouvé des PV. PV de la Fédération Locale des Syndicats Ouvriers de Lille et des Environs. Celles - ci démarrent en 1912.

Dans ce premier numéro de REFLETS, nous allons visiter la période 1912-1923. Période qui aura malheureusement connu la première scission (1921).

En 1912, c’est notre camarade Charles Saint-Venant qui sera désigné secrétaire général de l’UL de Lille. Son mandat s’étalera de 1909 à 1913.

De 1913 à 1919, ce sera le camarade D. Bondues qui le remplacera à la tête de l’UL de Lille. Puis, en 1920, notre camarade A Bauche laissera sa place à Henri Cnudde la même année.

En 1912, alors que Léon Jouhaux était secrétaire général de la Confédération Générale du Travail, l’Assemblée générale de l’UL de Lille adopte dans son PV une position ferme sur les retraites ouvrières : « Nous devons continuer non pas à combattre la loi mais un de ses principes essentiels. Le versement ouvrier ». C’est Charles Saint-Venant qui présentera cette position forte de notre syndicat.

Le 1 mai. n’était pas férié à l’époque. Les revendications étaient alors portées à la Préfecture et un meeting avait lieu dans la salle de la « Petite Banque » rue de Béthune à Lille. Une affiche traitait alors de la diminution du temps de travail, du repos hebdomadaire, de l’extension des lois ouvrières à tous les ouvriers indistinctement.

La même année, 1912, adhésion du groupe de Lille du syndicat national des chemins de fer et du syndicat des peignerons à l’UL de Lille (ouvriers du textile).

À suivre...


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